Bien choisir sa serre à semis

Les semis au potager donnent l’accès à des variétés que vous ne trouverez jamais dans le commerce ! Rien que pour les tomates, des milliers de variétés toutes aussi originales les unes que les autres s’offrent à vous. Le plus dur sera de choisir quelles graines auront le plaisir de germer dans votre future serre !

Au potager d’Olivier, j’ai opté il y a plusieurs années pour une serre de 5m de longueur sur 2,5m de largeur. Plus de 12m², de quoi accueillir 300 plants de légumes en godet, facilement. Il vous faudra garder un peu de place pour les stocks de godets, bacs, vos objets et outillages personnels.

Vous aurez le choix entre deux matières phares que vous trouvez partout dans le commerce, le polycarbonate ou le verre.

Les serres en polycarbonate

Ce sont de loin les plus vendues. Et pour cause, elles sont bien moins chères et très efficaces pour mener à bien nos semis du potager. Justement dans mon potager, c’est une serre en polycarbonate que j’utilise. Du polycarbonate de simple épaisseur, 4mm, alvéolé. Vous pouvez choisir une plus grande épaisseur et logiquement vous aurez une meilleure isolation thermique, notamment lors des nuits fraiches de mars et d’avril alors que la serre est pleine de semis.

Le polycarbonate plein est plus cher, plus rigide, plus solide mais moins propice à une bonne isolation. L’alvéolé avec sa couche d’air permet une meilleure isolation et de ce fait une température plus constante dans la serre. Comme je ne parle de chose que j’ai pu expérimenter, je ne pourrai trop vous décrire le polycarbonate plein. Je pourrai juste vous dire qu’on peut le voir sur les abris de piscine. C’est certains, c’est très rigide et solide.

Le polycarbonate de ma serre, c’est vrai fait petite impression au moment du déballage ! Les panneaux se courbent assez facilement, ils sont fragiles. Mais une fois la serre montée, les panneaux tiennent très bien en place. La serre a même résisté à la tempête « Zeus » il y a deux ans avec des vents de plus de 120 km/h ! Mais tout de même, la serre est légèrement abritée, je vous conseille d’ailleurs d’en faire de même et de l’implanter dans une zone la plus abritée possible. Aussi deux panneaux se sont tout de même désolidarisés malgré une précaution supplémentaire de ma part d’avoir mis des joins le long de chacun d’entre-eux.

Le polycarbonate

Le polycarbonate est moins transparent que le verre mais largement suffisant pour laisser passer assez de lumière pour les semis, même après plusieurs années. Certes au bout de 15 ans, il faudra peut-être envisager un remplacement de la serre et encore…

Il est infiniment plus solide que le verre. Il résistera aux chocs, aux ballons de foot aux trajectoires hasardeuses, à la grêle, aux manches de râteaux, pelles, qui se sont retrouvés inopinément amis proches de votre serre ! Je me souviens encore ratisser les abords de ma serre et me dire « ouf heureusement que ce n’est pas du verre ! » Ils ne se rayent pas et sont assez flexibles.

En double épaisseur, la transparence est un peu moindre mais l’isolation est bien meilleure. Comme souvent dans la vie, c’est une histoire de compromis ! Si vous êtes dans une région froide à hiver rigoureux, peut-être envisager cette solution. Ici dans le sud de la France, une simple épaisseur me suffit et nous le verrons plus tard, j’allie un chauffage de serre pendant les mois de mars et avril pour éviter toute gelée.

La dimension

J’ai lu et entendu que la serre devait correspondre à 1/10ème de la surface du potager. Je préciserai plutôt à la surface cultivée. En tout cas me concernant j’ai plus de 150m² de zones cultivées et la serre de 12,5m² me suffit amplement. Je ne me suis jamais senti à l’étroit. Elle n’est quasi jamais pleine sauf peut-être début mai avant de sortir la majorité des plants en extérieurs. Bien sûr, si vous souhaitez garder des plants en serre tout au long de leur croissance, la question est toute autre et il vous faudra choisir des dimensions bien plus importantes, voir partir sur une serre tunnel. Mais nous nous concentrons ici sur une serre à semis.

Vous pouvez trouver ici la serre que je vous conseille pour un potager de 10 à 100m². Elle est suffisamment grande, robuste et lumineuse. Par contre, préparez-vous à une dure corvée de montage, comme c’est la règle pour la grande majorité des serres en polycarbonate. Nous avons du nous y mettre à trois, surtout le moment où vous devez relier tous les panneaux des parois alors que le toit n’est pas encore mis en place… Je m’en souviens encore ! Je vous le répète, surtout ne partez pas seul dans cette aventure. Comptez bien une journée à plusieurs pour la monter. Pizza offerte en contrepartie ! 🙂

Le verre

Le verre est beaucoup plus noble, chic, esthétique. Le coût sera radicalement différent. Rajoutez un chiffre de plus pour pouvoir prétendre aux serres en verre. Si vous voulez être sur de pouvoir traverser un orage de grêle, il vous faudra tendre vers le verre trempée, et là l’addition s’en trouve encore bien plus élevée ! Si vous souhaitez vous faire plaisir, regardez par ici, c’est parfait pour les budget élevés. Mais attention si vous avez des enfants en bas âges…!

Chauffer sa serre

Les paramètres clés pour réussir vos semis sont les suivants : Lumière, humidité du terreau, et température. Pour la lumière aucun souci, votre serre est parfaite. Pour l’humidité, à vous de veiller au quotidien à la bonne constance d’un terreau humide, nécessaire pour la bonne germination de vos graines. Et la température…? Même avec une serre à double épaisseur, vous ne serez pas à l’abri d’une forte gelée hivernale, il ne faut pas rêver. Pour cela, il existe des solutions naturelles, de chauffage via des fumiers, des compost, qui montent en température. Je vous l’avoue, je n’ai pas le temps et l’envie d’appliquer de telles méthodes, même si au potager les pratiques sont naturelles au maximum.

J’ai ainsi opté pour un chauffage de serre relié à un thermostat. Vous pouvez le retrouver ici. L’avantage du thermostat est que votre chauffage se déclenche sitôt une température palier atteinte. Je le règle sur 8 ou 9°. Dans l’idéal il faudrait le régler plus haut pour avoir une température assez proche jour comme nuit, mais mes semis se sont toujours très bien portés et l’addition de chauffage aussi ! Certes, peut-être ils mettent un jour ou deux supplémentaires à germer, mais alors ?! Laissons la productivité à d’autres.

Vous devinez sur la photo le chauffage sous les plans à semis. Il vaut mieux le mettre au sol sachant que l’air chaud est plus léger et monte dans la serre. J’ai estimé mon budget chauffage de serre à environ 30 € sur la saison. C’est important mais en même temps cela m’évite d’acheter des centaines de plants. Et quand on voit l’inflation sur le prix des plants chaque année qui va de 0.5 à 2 € pièces… L’investissement est vite rentabilité !

Exposition

Le principe d’une serre, c’est que la lumière rentre de tous les côtés ! Alors logiquement l’exposition est des quatre faces. Néanmoins, vous avez peut-être le choix de la placer sous des arbres, à l’ombre d’une haie. Ici dans le sud, elle est légèrement ombragée par des arbres caduques qui font leurs feuilles durant l’été. En effet en été la serre peu vite monter à plus de 40°. Je vous conseille de l’installer à l’abri du vent, mais laissez l’exposition plein sud pénétrer au maximum. En clair, une haie à l’est, à l’ouest, au nord, sera la bienvenue. Si elle est au milieu d’une parcelle, en plein vent, attention aux tempêtes… C’est l’occasion de parler de l’embase.

L’embase

Peut-être vous ne connaissez pas ce mot ? En tout cas je me souviens ne pas le connaître avant l’achat de ma serre :-). L’embase est très importante. C’est elle qui va maintenir votre serre au sol. Elle est souvent en option, prenez-là. Elle a quatre piquets aux angles que vous pourrez bétonner dans le sol. Ainsi, votre serre est solidement accrochée. Sans cette précaution, la moindre rafale de vent vous fera des dégâts.

Ouverture

Il est capital que votre serre comprenne des ouvertures pour pouvoir aérer. Dès les premières belles journées du printemps, votre serre peut monter au dessus de 30°. Je me souviens une belle journée de mois d’avril. Les nuits sont encore fraîches, la serre était fermée et chauffée ! Voilà que le soleil hardant se décide à nous offrir une magnifique journée. De retour du travail, la serre est restée fermée toute la journée, les semis étaient tous dans un état pitoyable. J’ai réussi à les récupérer in-extremis, mais ils se seraient bien passés de cette douloureuse expérience. Alors oui les ouvertures sont nécessaires et c’est d’ailleurs l’occasion de vous mettre en garde sur le fait d’avoir une serre. Pendant deux mois surtout avril et mai, il vous faudra une attention quotidienne pour que vos semis grandissent au mieux. Ouvrir, fermer, arroser, ne pas arroser, chauffer, semer, repiquer… C’est une vrai maternité que vous avez à gérer ! Mais quand c’est une passion, c’est un plaisir.

Et les serres de récupérations ?

Vous avez accès à des matériaux qui trainent à droite à gauche, des bouts de bois, vitres, bâches… Pourquoi ne pas vous lancer dans une construction personnelle. J’ai vu de tout, en palette, en bouteille en plastique ! en pneu ! en baies vitrées recyclées… Les plus bricoleurs arriveront à des résultats bien supérieurs que les serres du commerce ! Même si le coût final est parfois vite équivalent avec la visserie et le temps passé.

Regardez sur le net et vous trouverez des exemples de serres bricolées. Sachez simplement que c’est souvent peu esthétique, ça compte parfois au potager, et souvent peu isolé avec des ouvertures difficilement gérable. À vous de voir !

Les serres tunnel, ce n’est pas suffisant ?!

Les « serres tunnel » sont beaucoup moins isolantes et solides. Combien de fois j’ai vu, entendu, lu des gelées venir à bout de semis réalisés sous serre tunnel… C’est presque un pari que de tenter des semis sous serre tunnel en plein hiver. Néanmoins vous pouvez tenter de les chauffer, mais bonjour la déperdition de chaleur.

Elles sont bien sur beaucoup moins ancrées au sol et si vous terrain est exposé au vent, attention… Bien-sûr je vous parle de serres de petites tailles. Celles de plusieurs dizaines de mètres carrés possèdent des armatures et des isolations bien supérieures.

Voilà pour ce partage d’expérience. J’espère qu’il pourra vous aider dans votre choix ou dans votre décision de vous lancer dans cette fabuleuse aventure qu’est de réaliser soi-même ses propres semis. C’est une telle fierté de voir ces petites graines devenir tout au long de la saison des plants qui atteindront parfois plusieurs mètres de hauteur ! C’est fabuleux, c’est la nature.

Olivier de la chaine Youtube « Le potager d’Olivier », par ici.